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EDITO

Et le Franco-Allemand ?

Ils sont nombreux à se demander pourquoi la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA) dont la relation franco-allemande est la raison d’être, garde le silence dans le contexte de crise actuel ?

 (Par Jean-Georges Mandon) – Si, face aux difficultés dans le franco-allemand, la FEFA ne s’exprime pas, il y a deux raisons principales. La première est d’ordre matériel ; sa mission lui impose une présence sur le terrain de la coopération, notamment transfrontalière et tous ceux qui œuvrent dans ce domaine savent combien il est extraordinairement chronophage. Il reste peu de temps pour des spéculations sur la meilleure façon de relancer le dialogue Paris-Berlin. Cela ne veut pas dire que n la FEFA n’a pas son idée sur la question !

La deuxième raison tient au bon sens. Il serait illusoire d’imaginer une telle relance à moins de huit semaines du premier tour des élections présidentielles françaises. Aucun candidat ne dépasse pour l’heure le terrain des lieux communs. Aucune vision, sauf celle de M. Fillon, peu amène, et celle de Marine Le Pen, germanophobe comme à son habitude, n’est perceptible dans leurs propos et il paraît sage d’attendre.

Cela est dramatique, le mot n’est pas trop fort, car le temps presse : l’inaction du tandem franco-allemand est catastrophique face à la situation européenne et le Président de la commission européenne semble s’en être rendu compte puisqu’il veut quitter le navire. Quel homme courageux !

Alors, en attendant que chacun retrouve une « capacité d’agir »,  d’ici le milieu de l’automne, ne pourrait-on pas concevoir aussi bien à Paris qu’à Berlin, que quelques voix autorisées et ayant autorité, s’élèvent pour dire ce qu’il paraît possible et souhaitable d’entreprendre pour sortir de la misère ambiante. Jamais depuis plus de 60 ans celle-ci n’a atteint un tel stade de déliquescence. Que les historiens me pardonnent, mais je ne peux m’empêcher de penser à l’état d’esprit des démocrates européens en 1933 : une sorte de paralysie devant la catastrophe annoncée qu’ils voyaient s’approcher sans bouger avec l’espoir fou d’y échapper…

Réveillez-vous, bon sang !

 (Strasbourg, le 15/02/2017)