Avez-vous entendu quelqu’un utiliser le mot transgenre, mais vous n’êtes pas sûr de ce que cela signifie ? Ou pensez-vous que vous pouvez être transgenre VOUS, et que vous voulez comprendre comment cela peut se connecter avec votre foi ? Eh bien, vous êtes au bon endroit ! Parlons d’être trans.
Que signifie « transgenre » ?
Le mot « transgenre » englobe toutes les personnes dont l’identité ou l’expression de genre ne correspond pas à celle qui leur a été attribuée à la naissance. Pour y voir clair, il faut distinguer plusieurs aspects :
- L’identité de genre : ce sentiment intérieur, intime, d’être homme, femme, aucun des deux, ou un mélange. Il se façonne au cours du vécu personnel, influencé par l’environnement social et les caractéristiques biologiques.
- L’expression de genre : tout ce qui, dans l’apparence ou le comportement, signale le genre auquel on s’identifie,tenue vestimentaire, posture, façon de parler.
- Le sexe attribué à la naissance : une mention faite à partir des organes génitaux visibles, sans examen des chromosomes, hormones ou organes internes.
Avec le temps, il arrive que l’identité de genre d’une personne s’accorde avec le sexe qui lui a été assigné,on parle alors de personne cisgenre. Quand ce n’est pas le cas, il s’agit d’une personne transgenre.
Mais il ne s’agit pas d’un simple passage d’un pôle à l’autre : chaque parcours est individuel. Certaines personnes assignées filles à la naissance se reconnaissent comme hommes, d’autres assignées garçons s’identifient comme femmes. D’autres encore ne s’identifient ni dans la catégorie « homme » ni dans « femme ». Les mots agender, non binaire, ou genre fluide évoquent toute cette diversité légitime.
Comment sait-on que l’on est transgenre ?
Comprendre son identité de genre ne repose pas sur un questionnaire rapide. C’est une démarche intime, évolutive, sans recette miracle. Ceux qui se la posent ont déjà fait un pas vers eux-mêmes. S’informer, écouter des témoignages, se confronter à différents vécus offre souvent des pistes pour se comprendre. Aucun chemin n’est universel.
Chez les enfants, les spécialistes parlent de trois repères : constance, insistance, persistance. Si un enfant affirme de façon répétée et stable une identité de genre différente de celle qu’on attend de lui, il est probable que ce soit un sentiment profond. Mais il n’y a pas d’âge prédéfini pour mettre des mots sur son identité : certains y parviennent tôt, d’autres à l’adolescence, parfois à l’âge adulte.
Qu’est-ce qui fait qu’une personne est transgenre ?
Impossible de pointer une seule explication à la transidentité. Rien n’indique qu’on puisse attribuer ce fait à une cause identifiée. Ce que l’histoire montre, c’est une constante présence de personnes transgenres dans toutes les sociétés. Dans l’Antiquité déjà, le roi assyrien Assurbanipal portait parfois des vêtements féminins, tandis que la reine Hatshepsout, en Égypte ancienne, adoptait les codes masculins avec la barbe des pharaons. Un peu partout, des identités de genre se sont affirmées hors du schéma homme/femme binaire : les hijras en Inde, les deux-esprits dans les sociétés amérindiennes, les fa’afafine à Samoa… L’existence des personnes trans ne date pas d’hier.
Être transgenre est-il un trouble mental ?
Non, l’idée relève aujourd’hui du contresens scientifique. Les grandes classifications médicales n’associent plus l’identité de genre à un trouble mental. La difficulté parfois rencontrée,la dysphorie de genre,provient généralement de la pression sociale ou de l’hostilité rencontrée, non du fait d’être trans.
Combien y a-t-il de personnes transgenres ? Faut-il compter plus d’hommes ou de femmes trans ?
Obtenir des chiffres fiables relève du casse-tête. Les méthodes de comptage diffèrent selon les pays et la peur de l’exclusion pousse parfois à la discrétion. Aux États-Unis, certaines études avancent le chiffre d’environ 0,3 % de la population, soit une personne sur mille. Mais ce chiffre ne reflète probablement pas l’ensemble des réalités : il exclut les personnes qui n’ont pas modifié leur état civil ou qui vivent leur identité sans transition médicale déclarée.
Quand on s’interroge sur la proportion d’hommes trans (personnes assignées filles à la naissance devenues hommes) et de femmes trans (personnes assignées garçons à la naissance devenues femmes), la visibilité fausse la perspective. Les femmes trans sont plus souvent exposées ou représentées médiatiquement, mais rien n’indique qu’elles soient beaucoup plus nombreuses. La réalité se joue surtout dans l’ombre, loin des projecteurs et des statistiques faciles.
Toutes les personnes transgenres font-elles une transition sociale ou médicale ?
Chaque parcours est singulier ; il n’existe ni norme, ni modèle figé. Pour certains, la transition s’exprime par des gestes concrets du quotidien : changement de prénom, adaptation des pronoms, transformation du style, annonce à l’entourage. D’autres empruntent la voie des hormones ou optent pour une opération médicale. Et pour beaucoup, le parcours sort des cases : les personnes non binaires ou genre fluide n’adoptent pas toujours les mêmes démarches que celles pour qui la transition ressemble à un « passage » net d’un genre à l’autre.
La sexualité influence-t-elle la transition ou l’identité transgenre ?
Dans certains cas, la transition ou le coming out trans se répercute sur la façon dont la personne se définit par rapport à l’orientation sexuelle. On peut ainsi être identifié·e socialement comme lesbienne, puis se sentir hétéro en vivant un genre masculin affirmé,même si l’attirance de fond ne change pas. Parfois, les évolutions hormonales ou le fait de se sentir aligné avec soi-même s’accompagnent d’une évolution de l’attirance. Mais l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne se recouvrent pas : l’une n’entraîne pas forcément l’autre.
Que dit la Bible à propos des personnes transgenres ?
Peu de textes bibliques traitent explicitement la question de la transidentité. On rencontre cependant deux passages fréquemment évoqués :
- Deutéronome 22:5 : « La femme ne portera pas un habillement d’homme, et l’homme ne mettra pas un vêtement de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel, ton Dieu. »
- Deutéronome 23:1 : « L’eunuque dont les parties ont été brisées ou mutilées n’entrera pas dans l’assemblée de Dieu. »
Mais ces versets ont changé de signification au fil du temps. Par exemple, Deutéronome 22:5 servit longtemps à interdire le pantalon aux femmes ; cette mention ne fait plus référence aujourd’hui. Les frontières entre vêtements dits « masculins » ou « féminins » sont mouvantes selon les sociétés. Et l’autre passage sur les eunuques visait à l’origine les hommes privés d’attributs sexuels, notamment pour des raisons politiques ou de cour. Plus tard, des textes comme ceux du prophète Isaïe proposent une lecture plus ouverte, invitant à une inclusion plus large.
Comment soutenir une personne transgenre dans son entourage ?
Chacun peut faire la différence auprès d’une personne transgenre. Voici des attitudes concrètes qui ont du poids :
- Employer les pronoms et le prénom que la personne souhaite. Ce geste n’est pas anodin, même s’il requiert un temps d’adaptation. En cas d’erreur, présenter ses excuses témoigne de la volonté de bien faire.
- Garder la confidentialité : le parcours transgenre appartient à la personne concernée et ce n’est pas à l’entourage de le révéler dans son dos.
- S’informer par soi-même, sans attendre que la personne trans ait à tout expliquer, limite la fatigue émotionnelle de devoir « faire la leçon ».
- Écouter sans juger. Beaucoup de personnes trans reçoivent des questions intrusives ou déplacées, alors qu’une simple écoute attentive est parfois ce dont elles ont le plus besoin.
Soutenir une personne transgenre, c’est reconnaître son cheminement, respecter sa place et contribuer à une société vraiment ouverte. Le monde ne rétrécit jamais lorsqu’on fait de la place à chacun.

